L’hysope, plante biblique de l’Exode à la Croix
L’Hysope
Avant d’être une herbe connue des sorcières et autres adeptes de la magie, l’hysope figurait en bonne place parmi les plantes de la Bible depuis le livre de l’Exode jusqu’à la Crucifixion de Jésus…
Un peu de botanique nous permettra de mieux comprendre l’origine et le développement de cette plante biblique dont le nom hébreu ézôb désigne littéralement une plante servant aux rites de purification. Mais il importe de préciser que, malgré l’homonymie, l’hysope de la Bible n’est pas l’hysope officinale connue de l’herboristerie classique. Il s’agit plus vraisemblablement d’une variété d’origan, peut-être la marjolaine de Syrie, plus commune en Galilée à cette époque pouvant atteindre 1 m de haut et poussant dans les sols rocailleux. Dotées de petites fleurs blanches, ses feuilles vertes sont duveteuses et parfumées. Pour ces raisons, l’hysope fut largement utilisée en cuisine (mélange d’épices za’atar en arabe), mais aussi en infusion en raison de ses vertus curatives pour les poumons, l’estomac et la digestion, sans oublier ses propriétés antiseptiques et antibiotiques qui lui confèrent une place de choix dans la pharmacopée antique.
La plante rituelle
Surtout, l’hysope occupe une place de premier plan parmi les plantes bibliques pour son emploi dans les rites de purification. Le Livre de l’Exode nous le rappelle en ces termes lors de l’épisode bien connu de la Pâque, juste avant la sortie d’Égypte ou Yetsi'at Mitzrayim : "Puis vous prendrez un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang que vous aurez recueilli dans un récipient, et vous étendrez le sang sur le linteau et les deux montants de la porte. Que nul d’entre vous ne sorte de sa maison avant le matin" (Ex 12,22). Le Livre du Lévitique fixant les devoirs des prêtres en Israël énumère dans le détail l’emploi de l’hysope lors des rites sacerdotaux, notamment pour les cas constatés de guérison de la lèpre (Lv 14,4). De manière générale, l’Ancien Testament a recours aux branches d’hysope pour les aspersions liturgiques en raison de ses vertus purificatrices, une pratique qui sera reprise dans la liturgie latine avant la célébration dominicale. Soulignons, enfin, que le Psaume 50, bien connu dans la Liturgie des Heures, rappelle cette prescription : "Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige" (Ps 50,9).
La dernière plante de Jésus
Mais, l’hysope biblique conserve également le triste souvenir d’être la dernière plante à avoir approché la bouche de Jésus crucifié. En effet, alors qu’Il allait expirer, l’Évangile de saint Jean nous relate : "Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche" (Jn, 19,29). Par un symbole émouvant, c’est une branche d’hysope, cette même plante qui servait aux rites de purification d’Israël qui apportera la boisson vinaigrée au condamné sur la croix. Pour ces raisons, l’hysope demeure un symbole d’humilité, que nous rappelle la soumission de Jésus en Croix…
Résolution :
L'hysope est une plante d'usage très varié : culinaire, pharmaceutique, utilisé dans les rites de purification et dans des vertus purificatrices au cours de la liturgie. C'est cette dernière plante associée particulièrement aux rites de purification d'Israël que l'on apportera, trempée dans du vinaigre pour le donner au Christ en Croix. Quelle humiliation pour le Sauveur ! Mais Jésus continue à d'accepter tout jusqu'au bout pour sauver chacun de nous. A l’exemple de ce symbole de l'hysope, quelle contrariété, quel renoncement pourrais-je cette semaine, acceptés dans la paix humblement avec le sourire et la prière en l’offrant particulièrement à Dieu ?
