Notre Père sait notre misère, « c'est pourquoi il multiplie son pardon » ( Si 18, 12 ). Dès la première Alliance, Dieu se révèle un Dieu de tendresse et de bonté, un Dieu qui pardonne. En ceci, il se distingue des hommes. Et Jésus nous enseigne par ses paroles, ses gestes et sa vie, ses mystérieuses profondeurs du cœur de son Père.
Nous connaissons la parabole de l'enfant prodigue qu'on pourrait appeler aussi la parabole du Père, « riche en miséricorde »( Ep 2, 4 ). Nous savons aussi comment l'attitude de Jésus envers le pécheur est essentielle dans l'annonce du Royaume. Ces pardons données ne sont-ils pas les signes les plus forts de la présence de Dieu ? « Il fait bon accueil aux pécheurs » ( Lc 15, 2 ). Et sur la Croix, Jésus scelle sa mission en implorant de son Père le pardon pour ce péché qui résume et dépasse tous les autres « depuis la fondation du monde » : la mise à mort du Messie ( Lc 11, 50 ). « Père, pardonne- leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » ( Lc 23, 34 ).
Le pardon de nos offenses est « la grâce par excellence » qui dévoile le coeur du Père. Jésus nous le révèle dans la parabole du débiteur impitoyable. Un des serviteurs du roi lui devait dix mille talents. Cet homme est donc radicalement incapable de rembourser ; il ne peut plus compter que sur la remise de sa dette par le roi. Ainsi, la miséricorde de Dieu est notre unique salut. Et Jésus nous la fait demander, et demander chaque jour, car c'est chaque jour que l'homme pèche. Chaque jour, nous sommes redevables de la miséricorde de Dieu.
On voudrait parfois se déculpabiliser à bon compte. Jésus sait que cette attitude est fausse. On ne peut découvrir la miséricorde sans accepter de rencontrer sa propre misère. C'est cette expérience qui nous donne de recevoir Dieu comme notre propre Père Sur ce fondement solide peut se construire notre vie chrétienne.
Cette expérience de la miséricorde aide à ne pas confondre culpabilité et repentance. Cette culpabilité, tout le monde la connaît. Elle est expérimentée face à son propre moi idéal. Le repentir, lui, se vit face à Dieu. C'est la foi en la miséricorde qui nous ouvre au repentir. Celui-ci s'accueille face à Celui qui nous a tant aimé au point de livrer son Fils sur la Croix et de nous le donner en ressuscitant pour nous.
Cette miséricorde du Père prend forme concrète dans le Sacrement du Pardon. A travers le prêtre, dans son geste et sa parole, c’est vraiment le Verbe incarné qui pardonne. Comme pour le baptême, nous pouvons dire « quand Pierre, Jean, ou Paul donnent le pardon, c'est le Christ qui pardonne ». Et dans le pardon du Christ, c'est la miséricorde du Père qui nous rejoint.
Résolution :
Le pardon de nos offenses est « la grâce par excellence » qui dévoile le coeur du Père. La miséricorde du Seigneur est d'une telle profondeur et d'une telle étendue que nous n'arriverons jamais à la comprendre complètement, si ce n'est dans la Béatitude du Ciel. Ce cœur plein de tendresse, de douceur, de confiance, de paix nous permet de nous confier à travers le Sacrement de sa Miséricorde Divine pour demander pardon pour tous nos péchés, nos faiblesses, nos limites, nos erreurs, en toute confiance, dans une grande vérité, dans une liberté totale et surtout de savoir que nous sommes aimés, même avec notre péché. Ce que le Seigneur n'aime pas, c'est le péché, mais il nous aime d'abord. Est ce que j'ai fait l'expérience d'une « grande confession » qui me permet de me libérer totalement de tout ce qui pèse dans mon cœur pour pouvoir accueillir cette Miséricorde que le Cœur de Jésus veut me donner personnellement.
#NOTREPERE
