La spiritualité de la Bienheureuse Pauline Jaricot repose sur une fusion profonde de la prière et de l’action, une intégration de la vie spirituelle et apostolique qui nourrit son engagement missionnaire. Pour elle, la prière n'était pas un simple moment de retraite personnelle, mais une force vivante qui devait se traduire concrètement dans le monde par des actions tangibles. Elle croyait que la prière et l’action apostolique devaient aller de pair, se soutenir mutuellement et se nourrir l’une de l’autre. Pauline voyait dans l’acte de prier une manière de se disposer à l’action, et dans l’action, une extension de la prière.
Un exemple clé de cette vision de la prière active est le Rosaire vivant qu’elle a fondé. Cette initiative visait à unir les chrétiens dans une prière communautaire, tout en leur offrant un moyen concret de soutenir les missions. L’idée de Pauline était de former des groupes qui se relaient pour prier une dizaine de chapelet, ce qui permettait de faire prier des milliers de personnes, tout en créant une grande chaîne de solidarité pour les missions. Le Rosaire vivant est ainsi devenu un moyen de combiner la prière mariale avec une action missionnaire : chaque prière faisait non seulement grandir la foi de ceux qui priaient, mais contribuait également à financer les missions, à soutenir les missionnaires et à répandre l’Évangile.
Pour Pauline Jaricot, la prière ne pouvait être déconnectée de l’engagement apostolique. Elle croyait profondément que les œuvres de charité et la mission de l’Église devaient être soutenues par une prière constante et fervente. Sa vie était un exemple vivant de cette conviction : chaque action apostolique qu’elle entreprenait, qu’il s’agisse de créer la Société de la Propagation de la Foi pour soutenir les missions, ou de solliciter des dons pour les pauvres et les missionnaires, était nourrie par la prière. Elle ne voyait pas la prière comme un acte isolé, mais comme une dynamique qui devait irriguer chaque action, chaque initiative, chaque geste de charité.
Ainsi, Pauline n’a pas seulement créé une organisation missionnaire, elle a aussi enseigné à tous ceux qui la suivaient que la prière, surtout le chapelet, pouvait être un véritable moyen d’action, une action qui porte du fruit, même dans les lieux les plus reculés du monde. En rassemblant des millions de chrétiens dans le Rosaire vivant, elle leur donnait non seulement une façon de prier, mais aussi une manière de participer activement à la mission universelle de l’Église. La prière et l’action étaient pour elle deux faces d’une même pièce, l’une ne pouvant exister sans l’autre.
Le lien entre la prière et l’action dans la spiritualité de Pauline Jaricot nous rappelle que l’engagement chrétien ne se limite pas à des gestes extérieurs ou à des mots prononcés dans l’intimité de la prière, mais qu’il doit être une dynamique continue, où chaque action est nourrie par la prière et chaque prière trouve sa pleine signification dans l’action. Le Rosaire vivant en est une expression parfaite : il est à la fois un acte de prière collective et un moyen d’engagement missionnaire, permettant aux chrétiens de vivre leur foi de manière concrète, tout en soutenant l’Église dans sa mission d’évangélisation.
La spiritualité de Pauline Jaricot nous invite donc à une vision intégrée de la vie chrétienne : ne pas séparer la prière de l’action, mais à vivre la prière comme une force dynamique qui transforme non seulement nos cœurs, mais aussi notre engagement dans le monde. Par son exemple, elle nous montre que chaque acte de charité, chaque geste missionnaire, même modeste, peut être un acte de prière vivant, fait avec un cœur totalement remis à Dieu. Dans le Carême, comme dans toute autre période de l’année, nous pouvons nous inspirer de son appel à faire de notre prière un instrument au service de l’amour de Dieu et des autres, à la fois dans notre quotidien et dans notre engagement pour l’Église et les missions.
Résolution :
Quels moyens je prends pour me former dans ma foi? Quel temps je réserve pour nourrir ma vie spirituelle ?