La prière du Christ

Rédigé le 19/02/2026


La réponse de Jésus est simple. « Quand vous priez, dites : Père ». Jésus ne répond pas : « Faites le vide », « allez au temple »... mais « dites ». C'est ce que continue à faire l'Église au cours de l'initiation chrétienne quand elle transmet « l’oraison dominicale » au catéchumène. Jour après jour, le catéchumène la laisse descendre dans le cœur et la fait sienne pour qu'elle transforme sa vie en vie filiale. Le cœur est en effet le lieu de la prière. C'est ce lieu profond et secret, où Dieu nous crée et entre en dialogue avec nous.

 En répondant ainsi, Jésus nous ouvre en quelque sorte sa propre prière. Juif, il prie comme ses frères juifs. La formule qu’il donne à ses disciples s'inspire du trésor de la prière synagogale. Même le terme « Abba » ne serait pas tout à fait absent de la tradition juive. L'originalité de cette prière vient de l'ordre de la composition et plus encore de celui qui nous l'enseigne : le Fils de Dieu lui-même. Par cette prière, il nous apprend à rejoindre quelque peu sa conscience filiale vis-à-vis de son Père et à nous laisser engendrer quotidiennement par Lui comme fils et filles.

 La prière de Jésus se résume dans ce nom : «  Abba ». Car c'est bien un nom que Jésus nous lègue.

 Dès la première Alliance, à la demande de Moïse, Dieu donne son nom : «  Je suis- YHWH » ( Ex 3, 13-14 ). Ce nom contient tout le poids de la gloire de Dieu, de ce Dieu qui est plénitude de vie et d'être. «  Je suis celui qui suis », impossible à voir, à saisir et à comparer avec quoi que soit d'autre. Il est Celui dont les pensées sont au-delà de nos pensées comme le ciel est au-dessus de la terre. D'autre part, « Je suis », c'est « Je suis avec vous », vivant, proche, « présence extraordinairement active et attentive ». En effet, Jésus descend parmi les hommes, venant habiter la tente de la rencontre, puis le temple.

Ce Père est aux cieux, invisible, inaccessible et pourtant, il est si proche qu'il sait le moindre cheveu qui tombe de notre tête ( Mt 10, 30 ). Ce Nom, Jésus invite chacun à oser le prononcer et à en faire le foyer de sa prière. Combien aimerions-nous entendre l'intonation avec laquelle Jésus devait dire ce Nom pour l'exprimer avec le même respect et la même tendresse ! Mais l'Esprit nous est donné pour retrouver cette « intonation filiale » de Jésus. Il accomplit ainsi la tradition d'Israël et donne accès aux profondeurs du cœur de Dieu. Cet accomplissement est d'ordre pascal.

Résolution : 
Prononcer le nom de Père «  Abba »me réjouit le cœur. Chaque fois que je prierai un Notre Père, j'insisterai sur ce mot Père qui me rappelle que Dieu est le Père de chacun, et particulièrement de moi-même, aimé tel que je suis comme fils de Dieu, unique et gravé au creux de la main de Dieu.