Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.
Méditation :
Ce passage évangélique poursuit l’esprit de ce que nous avons déjà médité le Mercredi des Cendres. Après avoir énoncé les Béatitudes, Notre Seigneur décline les exigences du Royaume des cieux par comparaison avec les pratiques habituelles des juifs, ou encore avec certains aspects de la loi mosaïque et leurs interprétations dans le monde juif de l’époque, ou encore par rapport à certaines pratiques ou enseignements des pharisiens et des docteurs de la loi censés être les plus compétents en la matière. Cela va même jusqu’à certains des 10 commandements ! C’est fort tout de même !
Nous ne pouvons pas manquer de relever le début du passage de ce jour : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (Mt 5, 20). Il est facile de comprendre que Jésus va beaucoup plus loin que ce qui est demandé ou pratiqué en Israël. Cela pose tout d’abord la question de son autorité, car Jésus demande plus que les commandements de Dieu. Jésus est donc plus que Moïse, Il est LE législateur, en définitive parce qu’Il est Dieu. Si déjà on pouvait comprendre les commandements de Dieu comme imitation de l’agir divin, alors il deviendrait clair ici qu’il s’agit en fait d’imiter Jésus. Il est bien la nouvelle norme de l’agir humain parce que Lui seul nous conduit au Royaume. Nous avons donc à prendre conscience que le Carême implique une première décision indispensable : se décider à suivre Jésus davantage. Dieu cherche des adorateurs en esprit et en vérité : le chemin pour le devenir nous est indiqué : Jésus en personne.
Dès lors il n’est pas optionnel de suivre Jésus pour être sauvé, et tout ce qu’énonce Jésus n’est pas facultatif ; d’autre part nous ne sommes pas en présence d’une liste exhaustive dont il suffirait qu’on coche toutes les cases. Enfin on ne peut suivre ce qu’enseigne Jésus qu’en Le suivant, lui. C’est donc uniquement dans une relation vivante avec Jésus que s’inscrivent ses commandements et l’arrivée au Royaume.
Aujourd’hui Jésus nous demande de le suivre sur le chemin de l’Amour. L’Amour, c’est tout faire à la perfection, c’est à dire se donner. Ce n’est pas rien !
Alors donc, en ce temps de Carême particulièrement, mais en tout temps en fait, regardons Jésus, cherchons à l’imiter.
Résolution :
On peut prendre ce que l’on dit parfois aux enfants, mais chacun est invité à le décliner pour soi : Que Ferait Jésus A Ma Place ? QFJAMP ? Voilà un joli mot d’ordre, simple et facile à retenir. Faisons la course de l’Amour avec Jésus !