« Traduire en un seul mot le terme grec est difficile : il signifie - ne permets pas d'entrer dans - - ne nous laisse pas succomber à la tentation - ».
Ce qui est clair, c'est que nous avons besoin du secours de Dieu dans la tentation. Seuls, nous ne faisons pas le poids ! Nos propres ressources sont insuffisantes car le combat dans lequel nous sommes engagés n'est pas à hauteur d'homme. Il est celui du Christ, Fils de Dieu, affronté au Mal et au Malin. Et l'enjeu de ce combat n'est rien moins que le salut du monde.
Nous nous étonnons d'être tentés. Mais Jésus l'a été. Marie aussi. Tout homme est tenté. L'Ecriture nous le rappelle souvent. Aussi l'essentiel est-il de savoir comment se comporter dans la tentation. Jésus nous le dit « Veillez et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation. L'esprit est plein d'ardeur, mais la chair est faible ( Mc 14, 18 ). Cette vigilance qui s'exerce grâce à la prière et au discernement des désirs qui nous agitent, est notre participation nécessaire à l'action de Dieu. Jésus nous fait demander la grâce de ne pas succomber, mais Dieu ne nous sauve pas sans nous. Il veut l'engagement actif de notre liberté.
Mais ceci ne supprime pas totalement notre étonnement. Comment se fait-il que Dieu, dans sa paternité, prenne le risque de la chute de chacun de ses enfants ? surtout quand l'enjeu est l'éternité ! Plus qu'une question de mots, « c'est un mystère » disait-on plus haut. Et c'est profondément vrai. Dieu n’a pas soustrait Jésus à la tentation. Il ne le fait pas pour nous. Dieu semble plutôt se servir de la tentation pour sa gloire et notre salut.
C'est un mystère qui nous échappe en grande partie, mais que la tradition chrétienne a essayé d'exprimer sinon d'expliquer. Saint Augustin explicite ainsi : « Dans notre voyage ici-bas, notre vie ne peut échapper à l'épreuve de la tentation, car notre progrès se réalise par notre épreuve ; personne ne se connaît soi-même sans avoir été éprouvé, ne peut être couronné sans avoir vaincu, ne peut vaincu sans avoir combattu, et ne peut combattre s'il n'a pas rencontré l'ennemi et les tentations ».
Ce que l’on balbutie dans ces expressions, c'est d'abord que la tentation elle-même n'échappe pas à la main puissante de Dieu, car le Tentateur n'est pas un autre dieu. Dieu s'en sert pour le bien de l'homme, pour l'ouvrir largement au salut, l'aguerrir et le mettre avec son Fils et par là, le rendre parfait. Trop souvent nous oublions que l'amour est l'enjeu de cette résistance à la tentation et qu'elle permet de rejoindre quelque peu Jésus affronté au diable dans le désert. C'est donc participer à son combat pour le salut du monde.
« Qui n'a pas été mis à l'épreuve, sait peu de choses » (Si 34, 10).
Comme l'or au creuset est éprouvé par le feu, ainsi faut-il que notre précieuse liberté soit aussi mise à l'épreuve pour qu'elle apprenne ses limites et s'ouvre pleinement au bien qui lui est proposé et qui est Dieu lui même. L'important n'est pas que nous comprenions le pourquoi de la tentation, mais que nous consentions aux voies du de Dieu et à ses manières, même si on trouve que ce sont des « mauvaises manières » ! Et que nous sachions nous tourner vers Lui et combattre avec confiance, humilité, patience. Le Notre Père nous y prépare en nous donnant d'être sûrs de ne pas être tentés au-delà de nos forces.
Résolution :
La tentation peut nous paraître difficile à comprendre puisque le Seigneur la permet. Mais cette tentation, elle nous dépasse complètement et nous sommes incapables de la vaincre sans l'aide et la présence aimante du Seigneur. Cette tentation est liée à notre condition d'homme pécheur. Mais de cette tentation peut servir aussi pour sa Gloire et notre Salut. Lorsque nous sommes tentés, tournons-nous aussitôt vers le Père, qui nous donne les Grâces nécessaires pour la combattre et ne pas succomber. Mais nous avons la certitude que nous ne pouvons jamais être tentés au delà de nos forces et au delà des armes que le Seigneur nous donne pour nous défendre afin de ne pas tomber. Car le Seigneur nous aime profondément.
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